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La condition de la femme bourgeoise au cours du XXe siècle : Contraintes et libertés.

 La société bourgeoise du début du XX°siècle

     Au début du siécle, la société bourgeoise, malgré sa participation active à la Révolution Industrielle, reste très traditionnellle. On observe en effet très peu de modifications entre la fin du XIXeme siècle et le milieu du XXeme.

     Nous allons donc voir dans une première partie la place de la femme bourgeoise à la Belle Epoque dans la société, les métiers qu'elle peut occupper, son éducation, en politique (le féminisme) .... Puis dans une deuxième partie comment cette description trouve-t-elle écho dans l'oeuvre de Marcel Proust, Un amour de Swann. Et enfin l'évolution progressive que connaît la femme bourgeoise pendant les années folles. 

 


             1) La femme bourgeoise de 1900 à 1914

 

  • L'idéal de la femme bourgeoise à la Belle Epoque...

    Au XIXème siècle, s’est développée, dans les milieux bourgeois, une conception de la femme qui tendait à la fragiliser.La jeune fille était protégée des influences extérieures néfastes en restant chez elle. Puis en tant qu'épouse et pleinement consciente de ses responsabilités, on avait tendance à ne la voir capable qu'à l'intérieur du foyer souvent aidée d'un ou plusieurs domestiques. Dans cet environnement, la femme se conforme à ce que l'on attend d'elle, c'est à dire la tenue de son ménage. Elle se doit de plus de servir au mieux son mari et l'avenir de sa progéniture.  En principe cela devait suffire à son bohneur et, le fait de déranger cet ordre des choses et de déroger à la règle était  perçu comme une atteinte à l'idéal familial.

La femme se retrouve enfermée dans ce shéma idéal. On trouve ainsi de multiples ouvrages dédiés aux bonnes manières ou encore des livres religieux traitant du devoir du sexe faible.    Ces bréviaires, édités en grandes quantités, étaient cesés conduire la lctrice sur les chemins de la raison et de la passivité:  "La femme doit considérer son mari comme son maître et le servir avec humilité et tendresse, sans une pensée légère ou irrévérencieuse à son égard. Toute sa vie, la femme a pour devoir essentiel l'obéissance(...)Lorsque son mari a donné ses ordres, l'épouse les suivra scrupuleusement(...)

La femme reste considérée à l'état de sous-être, notamment par sa condition physique. Son système nerveux est considéré comme d'une extrême fragilité. Par conséquent, elle doit être considérée comme un être psychiquement fragile au comportement fantasque. De même, sa dissemblance de l'homme la rend incompréhensible. Ses traits dominants qui sont son émotivité, son égoïsme et son impulsivité, ne sont pas toujours corrigés par une forte éducation. Elle est, de par ses fonctions reproductrices, dirigées par ses passions violente, l'amour, la haine et la jalousie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • ...son "travail"...

   La société bourgeoise de la Belle époque méprise le travail.  Le salariat féminin y est considéré comme un acte de pauvreté absolu, d'autant plus si la femme était mariée.  Leur travail était jugé comme responsable de la dégradation des moeurs et de l'institution qu'est la famille. Le seul travail approuvé était, seulement pour la jeune fille, d'aider aux charges familiales. L'épouse, elle, se contentait d'un salaire d'appoint.

Elle étaient, dans n'importe quels secteurs d'activité, cantonnées à des rôles inférieurs, subalternes, en dévalorisant leur travail. Finalement la société considérait que le rôle de le femme était d'assurer sa maternité et que sa position social se bornait à son foyer.

On obseve que ce rejet du travail féminin s'est enraciné dans les moeurs. Ainsi l'idéal de la ménagère touva à la Belle Epoque son modèle le plus représentatif. L'enfant, même nourrisson, auparavant délaissé, fut désormaisplus présent dans le schéma idéal des occupations de la femme au foyer. Les féministes même ne remettaient pas en cause ces aspirations familiales. tout participait à marteler à la femme ses devoirs : discours moralisateurs, livres d'éducation, manuels de savoir-vivre à l'usage des jeunes filles... On demandait aussi à la femme "de conserver ses charmes et sa grâce, mais d'être aussi intelligemment humaine" à défaut d'être instruite.

 


  • ...sa représentation dans la société... 

       Ces représentations rigoristes n'empêchaient cependant pas une approche sexuée.Dans  le  symbolisme érotique de la

 "femme-fleur" emmitouflée de parures et de dentelles, la Parisienne, objet de regards, prit la forme exacerbée par

 sa féminité de la bourgeoise "guindée à la midinette fraîche".La bourgeoise de la Belle Epoque, enfermée dans ce

carcan de préjugés fit tout ce qu'on attendait d'elle :  

                         _  A la mauvaise saison,sa journée s'organisait invariablement autour de tâches répétitives. Le matin

 elle consacrait son temps à son ménage, donnant ses ordres au personnel, s'occupant de ses fournisseurs, de sa toilette,

de ses enfants. L'après-midi se composait de visites, de courses dans les grands magasins ; pomponnée de haut en bas, elle

 utilisait, si elle ne disposait pas d'un équipage propre (haute bourgeoisie), les transports encommun, tels que à l'époque,

l'autobus à chevaus, le tramway, l'omnibus, et à Paris dès 1900, le métropolitain. Chaque jour elle se devait d'effectuer des

dizaines de visites (si elle ne recevait pas) avalant tasses de chocolat ou de thé. Elle devait aussi se rendre chez certains

commerçants, la couturière,la lingère,la modiste, le coiffeur, l'épicier....Elle fréquentait assiduiment les grands magasins

par la grâce de l'indsutrialisation et du productivisme croissant.

Les femmes de la "hautes" aimaient changer fréquemment de toilette; l'après-midi se différenciait du matin où elle portait un tailleur, tenue plus "décontractée". après le déjeuner elle s'embellissait et mettait une robe de tulle, de mousseline, des rubans, de ruchés. Les chapeaux étaient fleuris et empanachés. Le soir elle arborait de somptueux et provocants décolletés ; munies d'épaulettes, en velours épais en hiver ou ensoie légère l'été, étaient surchargées de dentelles et de paillettes. La mode changeait deux fois par an.

Inactives, les bourgeoises créerent de nombreuses ligues de charité. Chacune voulait participer aux oeuvres caritatives encouragées par une Eglise omniprésente.


 
















                           

 

 

 

 

 

 

  _ A la saison estivale, la bourgeoise aisée s'adonnait à d'autres activités. La bonne société organisait ses étés autour des "trains de plaisirs" et fréquentait Etretat, Cabourg, Trouville, Dinard, Biarritz...La Belle Epoque justifia l'hégémonie de la bourgeoisie. En effet son ascension entamée au XIXeme siècle, après la Révolution Française et avec l'industrialisation, atteignit son apogée au début du XXeme siècle. Elle s'ingénia à manifester ostantatoirement sa réussite, et donc sa richesse : hôtels et résidences magnifiques, vie mondaine, la mode, les fêtes, les réceptions somptueuses, les premières vacances dans les lieux balnéaires, les cures, les technologies récentes (train, automobile, aéroplanes...)...












  

 

 

 

 

 

   On se méfiait beaucoup de la beauté féminine, même si on l'exaltait et la recherchait.Les peintres aussi bien que les poètes ou

les romanciers  s'efforcèrentde prendre pour modèle une femme qui dévorait finalement celui qui tentait de l'aimer. La beauté du

diable,celle qui générait la luxure, s'opposait à la représentation virginale de la pureté angeliquedes jeunes bourgeoises. L'image

 de la femme était duélique, le symbolisme religieux y étant pour beaucoup. L'éloge de la maternité fut une invention de ce siècle

bien plus que du précedent. On encensa les actes maternels, on en sublima les traits cardinaux sessentiels : la tendresse,

la générosité, la bonté, la douceur. Cela contribua à renforcé la société bourgeoise dans ses objectifs déclarés de l'aliénation

de la femme à son foyer.


   Au XIXeme siècle, la bonne société, vertueuse au possible, classait la pureté de la jeune fille comme essentielle.  Tandis que le jeune homme se devait de connaître la "vie", la jeune fille devait rester "ignorante" jusqu'au mariage. L'adultére devint donc un des fondements de cette société, rendant le mariage supportable ; il assurait la durabilité de la famille, qui à l'époque, n'avait de sens que par les devoirs des intérêts des puissances de l'argent et du pouvoir social. Les jeunes filles étaient ainsi jalousement gardées à chacune de leur sortie par un frère, aîné un père, leur mère ou la femme de chambre de la mère.  Cependant, à partir des années 1910, ce régime de surveillance qui voulait préserver la virginté absolue des jeunes filles se relâcha. Désormais plus besoin d'être escortées à chacune de leurs sorties. Néanmoins les vieilles personnes de cette époque les qualifièrent de dévergondées. Si par malheur les jeunes bourgeoises ne trouvaient pas de parti avant la troisième saison de bals, elle était considérée comme"laissée pour compte". De même si sa cadette se mariait avant elle.


 

  • ...son éducation...

   On donnait aux filles une littérature conformeà l'idée conservatrice des bonnes moeurs en vigueur. Des monceaux de lecture exemplaire furent mis à leur disposition. Les choses de la réalité quotidienne n'y étaient pas dévoilées, on préférait faire rêver de terres lointaines, d'explorations où fourmillaient héros au grand coeur et ingénue godiches.

On élevait la jeune fille pour la vie privée, sa vocation naturelle restait d'être une femme au foyer. La seule éducation possible s'effectuait dans des collèges ou des couvents tenus par des religieuses. Elle y apprenait à broder, a faire de la couture. Elle était initiée eu piano ou encore à la peinture. On lui enseugnait aussi comment rédiger une lettre et tenir des comptes.

Quelques utopistes proposèrent une certaine éducation sexuelle. On développa l'anatomie, la physiologie ; on fit des travaux scientifiques pour conclure à la préservation et aux moyens d'éviter une grossesse non désirées.

On ne voulait à la jeune fille aucune expérience prénuptiale  et le deshonneur était à son comble lors d'une grossesse non désirée. La fille enceinte était jetée à la rue par ses parents qui voyaient s'abbatre la honte sur eux. Ses seules issues étaient le suicide ou plus communément la prostitution.


  • ...son mariage...

   La jeune bourgeoise était présentée à son "parti" aucours de réunions familiales, parfois au bal, encadrée par son chaperon. Le père du jeune

 homme demandait sa main aux parents de la jeune fille. A cette entrevue, on calculait la dot et les possibilités sociales du demandeur.

 Suivant le niveau financier du prétendant, de son espérance professionnelle et ses droits de succession pour les futurs héritages, la dot

 était plus ou moins importante. Les mariages n'étaient pas le fait de l'amour mais surtout l'affaire d'argent. Les alliances familiales bourgeoises se

déroulaient par étapes successives : la rencontre, les premiers rendez-vous, la cour , la demande en mariage, les modalités de la dot,

les fiançailles,la signature du contrat, le mariage enfin , avant tout religieux. une différence d'âge entre les deux conjoints étaient de règle

(le plus souvent 5 à 10 ans). On n'imposait pas brutalement un époux à le future mariée, mais par un savant mélange d'un ballet amoureux

du jeune homme orchestré par les deux familles  et de tentatives de persuasion plus ou moins appuyées des parents, on convenait d'un

 parti plus ou moins intéressant. Le divorce était ressenti comme un échec honteux, d'autant plus que les intérêts voulus par les parents,

l'association de deux patrimoines, setrouvaient remis en question et la transaction établie détruite. Le désoeuvrement de la femme bourgeoise

 lui permit de se consacrer à sa féminité. En effet, le souci du paraître la fit s'employer à se maquiller, se farder, s'embellir. Les femmes

s'attribuèrent une image resplendissante et idéalisée.  Il semblait là aussi que le travail des femmes fut un des facteurs qui contribua à ce que le

mariage devint une association d'intérêt. Les besoins matériels augmentant, on les satisfaisait par une approche bourgeoise : la natalité réduite

fut une des causes économiques de cette réalité. On rechercha avant tout l'amour stable avant l'amour paisible.


  • ...et le " féminisme".

   Déjà en 1900, on se plaignit que la femme tendait vers l'émancipation  et s'éloignait des canons rigides de la bienséance en vigeur sous le Second Empire : " Nos femmes avec leurs tailleurs travaillent à copier les hommes. Elles leur empruntent en partie leur allure et leur langage. Les femmes d'autrefois s'appliquaient à se tenir à distance dans une attitude un peu cérémonieuse et compassée (...) Celles de maintenant se plaisent à rapprocher les distances(...)Tout ce quise fait pour diminuer les conventions de l'ancienne politesse se fait contre elles!" Au nom des principes d'égalité, on crut que la femme se permettait de singer l'homme dans quelques attitudes comme, par exemple l'habitude qu'il avait de fumer.   

Une des revendications au changement de la part de quelques-uns concernait la supériorité du mariage d'argent sur le mariage d'amour. Les co,seils donnés à la jeune fille portaient sur sur l'amour qu'elle devait à son mari, mais pas de tomber amoureuse avant son mariage. En ce temps de changement il paraissait essentiel pour certains qu'à la libération du prolétariat s''ajoutât celle de la femme, en commençant par la faculté de pouvoir choisir son conjoint. Mais cela ne devait évidemment quévoluer lentement tant étaient grands les poids des traditions, des contraintes et des exigences de la famille, de l'obligation des filles à assurer leur avenir.


   En 1905 , on réforma le Code sur le chapitre du mariage. L'article 212 stipula désormais la mention suivante : "Les époux se doivent réciproquement l'amour", mais les réformateurs féministes demandèrent que l'enfant portât le nom de sa mère pretextant que celle-ci l'avait bien porté.

  En 1907 les femmes mariées disposent de leur salaire.

  En 1909 le port du pantalon n'est plus un délit si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou un cheval.


 

           2) La représentationde la femme bourgeoise à travers" Un amour de Swann"

      

        Un amour de Swann fait partie d'un ensemble bien plus vaste : A la recherche du temps perdu, dont la publication s'étend de 1913 à 1927. Cette oeuvre est le récit de la passion entre Swann, ami du narrateur et Odette de crécy avec pour toile de fond le Paris des années 1880. Ici Proust décrit la société bourgeoise de la Belle Epoque avec ses clans fermés (les Verdurin), ses histoires d'amour et ses personnalités.

Odette y est décrite comme une "cocotte" (femme entretenue ; demi-mondaine) ayant accédé au rang social convoité de la bourgeoisie par ses remations et notamment par ses amants. On perçoit ce personnage comme une grande séductrice, si on s'attache au début à la passion de Swann pour elle et son fétichisme ("approchant de lui la photographie de Zéphora, il croyait serrer Odette contre son cœur." On retrouve la beauté de la bourgeoise, duelliste, ses toilettes séduisantes, son sa personnalité dominée par de violents sentiments : la passion, la jalousie... L'image presque idéalisée que se fait Swann d'Odette, est en fait l'alliance de la réelle personnalité d'Odette( qui est loin des goûts de Swann : les ouvrières ou les cuisinières à la peau fraîche et pure) et de l'art créant ainsi une sorte de personnage inconnu qui semble parfait à Swann.

Odette de Crécy est en fait une "croqueuse d'homme" comme le sont ceratines bourgeoises à cette époque. Elle est mondaine, fréquenbte les cercles les plus fermés, change de toilette fréquemment, paraît languissante...Cependant, la beauté de cette femme n'apparaît pas d'abord à Swann. Il trouve qu'elle a" un profil trop accusé, la peau trop fragile, les pomettes trop saillantes, les traits trop tirés". Ses yeux sont certes beaux mais "si fatigués et maussades", "si grands qu'ils fléchissaient sour leur propre masse, fatiguaient le reste de son visage et lui donnaient toujours l'air d'avoir mauvaise mine et d'être de mauvaise humeur". Son visage est "fané", "plus maigre et plus proéminent", "abattu et navré". Ses joues sont "(...)si souvent jaunes, languissantes", "pâles", "trop maigres". Sa peau est "imparfaite" et sa voix plaintive".  Au fur et à mesure du récit pourtant, il éprouvera un attachement grandissant pour cette "parvenue". On voit donc ici la représentation de la beauté de la femme bourgeoise : à la fois pure dans sa virginité et diabolique. Chez le personnage d'Odette, la forme qui ressort le plus de ce duel est sans aucun doute la beauté "diabolique", tentatrice pour Swann et qui génère la luxure. Odette aura dond détruit celui qui l'aimait passionément, en l'attirant dans ses filets, puis en l'épousant, en lui avouant une liaison adultère et son passé de courtisane et enfin en rompant son mariage et la passion de Swann pour elle. D'ailleurs, à la fin du roman, swann dira "qu'[il] a gâché les meilleures années de [sa] vie, qu[il] a voulu mourire, qu[il] a eu [son] plus grand amour, pour une femme qui ne [lui] plaisait pas, qui n'était pas [son] genre!"

 

            2) De la Première à la Seconde Guerre Mondiale.

 


  • La Grande Guerre, période de transition.


   Pendant la Première Guerre Mondiale les femmes de toutes les catégories sociale ont du faire face à la "pénurie" d'hommes partis combattre.

Ainsi les mères de famille bourgeoise ont remplacé leurs maris aussi bien dans la famille qu'au travail. Dans le Nord de la France, très industrialisé,

les femmes des "capitaines d'industrie" prenaient la place de leurs maris à la tête des usines,  souvent reconverties en usines d'armement.

  Les  autres travaillent dans l'administration, dirigent des hôpitaux militaires.... De même, dans la famille, la femme doit assumer le double rôle

de mère et de chef de famille. Pendant la Grande Guerre, le fait que les femmes remplacent les milliers d'hommes a contribué à leur

émancipation surtout dans les classes bourgeoises. On passe ainsi d'une femme corsetée à la Belle Epoque à la "garçonne". Après la guerre,

seule la femme bourgeoise aura, au débu,t accès à cette émancipation.Après la guerre elles s'engagent dans les métiers du "social" : on crée les

diplômes d'infirmière et d'assistante sociale.

 

 


  • L'émancipation des femmes bourgeoises pendant les années folle 

   Dans les années 20 le look garçonne apparaît. En effet le désir d'émancipation de la femme se traduit par des cheveux coupés courts au carré, garde robe de jour librement inspirée du vestiaire masculin (vestes rappelant celles des costumes masculins ,...), une attitude masculine (elle fume et conduit sa voiture). L'inspiration de la garde-robe masculine dans le vestiaire féminin peut être vu comme un grand progrès dans l'avancée du féminisme : l'égalité des sexes apparaît d'abord comme une nécessité d'abandonner la féminité pour imiter les hommes : on efface toute trace de féminité, d'où la supression du corset. Elle va même jusqu'à applatir sa poitrine à l'aide de bandelettes. De même, le pantalon, élément vestimentaire phare de la virilité, apparaît dans le vestiare féminin à la fin des années 20.

  Cependant le soir, la "garçonne" porte toujours des robes. Elles sont néanmoins plus "glamour" : plus près du corps, à paillettes ou à plumes. On note aussi que les jupes raccourcissent sensiblement : en effet les stylistes de l'époque prennent conscience que les jupes longues (elles tombaient jusqu'aux chevilles) sont peu pratiques au quotidien et pour danser.

Pour achever sa mutation la garçonne pratique le ski, la natation, le tennis...Les critères de beauté changent. Elle doit maintenant être mince et avoir la peau hâlée, les cosmétiques se démocratisent et les maisons de haute-couture se concentrent sur le marché très juteux des fragrances (Chanel N°5...)


   On retrouve une ironie des hommes face à cette libération de la femme. Dans "Ell' s'était fait couper les ch'veux", Dréan présente la

vision masculine et humoristique des Garçonnes et de l'émancipation des femmes en général. 

De même, le livre de Victor Margueritte, "La Garçonne"  a coqué dès sa parution. Il présentait en effet une image choquante de la femme sensuelle et libérée.

   

   Dans les années 20, de très fortes personnalités ont contribué à ce que l'image de la femme évolue. On pense en particulier à Coco Chanel qui habillat les femmes qui"font" la mode. Elle incarnait la réussite sociale et une volonté de fer. Elle a permit que l'image de la "Garçonne" se diffuse largement grâce à ses vêtemnts faits en jersey (textile très solide utilisé pendant la Première Guerre Mondiale)

   Outre Atlantique, Louise Brooks, star du cinéma muet déclenche la mode de la coiffure "garçonne". Elle laisse une image d'une femme libre et indépendante, luttant contre l'état de la femme objet , le charme et la beauté qui en sont la perverse rançon. Cette influera de nobreuses femmes bourgeoises des Années Folles.











 

  • De 1930 à 1944

    Après la période "Garçonne", la condition de la femme connaît une sort de régression, même si la place de la femme est reconnue comme positive. En effet, à ce temps de libération et déémancipation, succèdent les "reines du foyer". Elles osnt à la fois mères épouse et ménagères. cette expression très en vogue à l'entre-deux-guerres, indique bienla glorification de ce rôle présenté comme un "pouvoir". D'ailleurs ne dit-on pas que "si l'homme fait les lois, la femme fait les moeurs" ? C'est un destin, une mission sublime, voulue par la nature et à laquelle l'éducation doit préparer les jeunes filles.  L'abondance de sources imprimées sur le sujet révèle un discours normatif de plus en plus pesant s'adressant à un public de plus en plus large. L'organisation de la vie privée prend donc un caractère public : l'Etat un intervient désormais pour relancer la natalité , protéger la maternité, améliorer l'état sanitaire de la population.

Sous les pressions extérieures, la femme doit donc se consacrer entièrement à son foyer, elle doit aussi être une mère aimante et attentive à à l'éducation, au bonheur, à la réussite de ses enfants et être une épouse qui contribue à l'épanouissement de son couple. Ce shéma bourgeois, suit les règles imposées à la Belle Epoque. il est cependant renforcé durant l'entre-deux-guerres ; sans doute, dans un premier temps pour pallier à l'émancipation des jeunes bourgeoises qui prennent le goût de l'étude, du travail, et parfois de la contestation féministe ; et dans un deuxième temps pour faire face à la "crise de la domesticité" (le nombre de bonnes logées à domicile passe de 688 000 en 1906 à 422 000 en 1936).

On assiste néanmoins à une revalorisation du travail domestique. Dans les années 20 naissent des revues spécialisées dans les "arts ménagers". La ménagère est présentée comme une véritable "professionnelle". Les jeunes filles de la bourgeoisie reçoivent dans les lycées un enseignement ménager (couture cuisine...sont au programme). De plus l'état rend illégaux l'avortement et sa pratique, la prise de contraceptifs et les campagnes publicitaires y invitant (loi de 1920).

De plus le taux d'activité féminine reste élevé entre les deux guerres même si le travail féminin se caractérise comme par le passé, par une exploitation spécifique : faiblesse des salaires, emplois non qualifiés, fortes contraintesphysiques et morales sur le lieu de travail...Cette discrilination sexuelle s'exprime dans le déni du droit au travail ddes femmes que la crise économique des années 30 va renforcer. Pourtant, l'entre-deux-guerresannonce aussi la reconnaissance professionnelle des femmes.

 Les dernières déclarations des féministes avant la dissolution de leurs associations et la disparition de leur journaux au début de la guerre 39-45, sont dans la logique de meurs prises de position antifascistes des années 1930 et lèvent l'ambiguité sur le pacifisme que beaucoup continuaient à défendre. les Françaises de tous les horizons, sociaux ou politiques, se mettent au service de la nation.

Pendant l’Occupation de nombreuses femmes ont rejoint les rangs de la Résistance. Un engagement qui conduira la France libre du général de Gaulle à reconnaître l’égalité économique et politique des sexes. Un mois après, le 21 avril, le  général de Gaulle ratifie une ordonnance qui, à l’article 17, prévoit le vote des femmes et leur éligibilité : Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. Les Françaises obtiennent enfin le droit de vote et celui d’être élues. Elles voteront pour la première fois en 1945 et entreront au Sénat en 1946. Le nouveau pouvoir politique, plus jeune, issu de la Résistance, reconnaît enfin aux femmes leur pleine responsabilité de citoyennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      La première moitié du Xéme siècke a tout changé pour les femmes bourgeoises. En très peu de temps elles sont passées d'un statut dépendant et inférieur à celui des hommes à, après la guerre une autonomie certaine. Dans Un amour de Swann, de Marcel proust, on retouve une représentation de la femme bourgeoise qui vien appuyer les faits de la Belle Epoque. Certaines peuvres ont ainsi le pouvoir de rendre plus concrets certains faits du temps passé.

Salon france 1912

Femme bourgeoise lisant dans son salon

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L'image de la "femme-fleur"

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La femme bourgeoise et la mode

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Les stations balnéaires : lieux phares des "vacances estivales" des bourgeois.

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"(...) la tendresse, la générosité,la douceur."

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Jeunes mariés

3173 infirmieres 2

Infirmières pendant la Grande Guerre

Garconne louise brooks3
Coco Chanel

Louise Brooks

Coco Chanel

Vote

Manifestation en faveur du droit de vote de la femme