La condition de la femme bourgeoise au cours du XXe siècle : Contraintes et libertés.

L' évolution de la condition de la femme bourgeoise au milieu des années 50

    Le terme "féminisme" est souvent attribué à Charles Fourier (1772-1837). A la fin du 19ème siècle, ce terme devient courant dans la pratique politique et sociale et désigne quelquefois la doctrine, mais plus souvent la lutte qui cherche à établir l'égalité des droits (politiques, civils, économiques) de l'homme et de la femme dans la société. L'analyse politique que l'on peut faire du féminisme est la rupture individuelle avec son statut, l'expression critique dans le domaine culturel, et l'engagement collectif dans le combat politique. On a pu ainsi citer comme premières féministes les précieuses, les puritaines américaines au 17ème siècle, les révolutionnaires de 1789, celles de 1848, de 1871, et les suffragettes.


  • Les premiers combats féministes


  La majorité des féministes des débuts sont modérées et leur champ d'action très varié. En effet, elles revendiquent leur droit de vote au nom de la mission des mères (et non pas pour l'égalité des sexes). Leur argumentation s'appuie sur la vision traditionnelle de la femme, leur objectif étant de convaincre et non de choquer. De plus, les premières féministes ne revendiquent pas la contraception, elles sont en effet plutôt natalistes (pour faire face à la natalité prussienne durant la période 1870-1914).  

En revanche la période 1945-1970, encore appelée "creux de la vague" ou "l'Entre-deux féminismes", était restée dans l'ombre :  on pensait  que cette période était reséte dans l'ombre après les boulversements de la guerre. On sait maintenant que cette période de transition peut-être divisée en trois temps (selon Sylvie Chaperon) : "les lendemain qui ont chanté"(1944-1946) : temps de changements importants pour le statut des femmes, même si l'accès à la citoyenneté n'est pas considéré, à l'époque, comme un événement, mais aussi période de tensions déjà bien perceptibles entre les organisations féminines. Ces tensions vont s'exacerber durant "La guerre froide des femmes" (1947-1955) où l'on voit que les appartenances religieuses et politiques, les catholiques de l'Union Féminine Civique et Sociale (UFCS) sont proches du MRP, et les femmes de l'Union des Femmes Françaises (UFF) sont dans la mouvance communiste,pèsent sur les choix sans toutefois exclure des convergences sur certains sujets. Durant les années glorieuses (1956-1970),s'exprime de plus en plus fortement la revendication de la maîtrise des naissances, portée par le mouvement la « Maternité heureuse » qui devient en 1960, le Mouvement Français pour le Planning Familial. Le front du refus de la contraception, où se retrouvent communistes et catholiques est entamé au début des années 1960, des années marquées par l'émergence de la question des femmes. Celle-ci devient un « problème de société » à travers la presse et les media grâce à des femmes journalistes , des intellectuelles , des écrivaines et bien d'autres encore. 1965 marque un tournant avec le consensus grandissant sur la contraception, soutenue par  François Mitterrand aux élections présidentielles et la réforme des régimes matrimoniaux qui constitue un pas important vers l'égalité dans le mariage. Il semble que le renouveau féministe soit en marche l'année 1965, ce qui permet de relativiser la fameuse expression « 1970, année zéro » employée par les militantes du MLF.

 Les anciens mouvements  féministes manquent d'héritiers devant des formes nouvelles de militantisme, largement ouvertes sur les questions sociales et privées. En effet les organisations féministes issues de la fin du XIXeme siècle sont restées dépendantes des grandes forces traditionnelles,  communistes et catholiques.


  • Le deuxième sexe


En 1949, Simone de Beauvoir, alors âgée de 41 ans, écrit son deuxième essai philosophique, intitulé « Le Deuxième Sexe ». Cette oeuvre deviendra l'une des oeuvres, si ce n'est l'oeuvre majeure propre au mouvement féministe. Cette essai très controversé fit scandale, et dès sa publication deviendra aux Etats-Unis la " Bible des femmes ", tandis qu'en France près de 22 000 exemplaires seront vendus dès la première semaine. François de Mauriac, très en froid avec Simone de Beauvoir, fera cette remarque célèbre « à présent, je sais tout sur le vagin de votre patronne ». Dans son oeuvre, Simone de Beauvoir analyse la condition de la femme, que ce soit dans les traditions, les religions, mythes ou quelconques civilisations. Divisé en deux livres, « Le Deuxième Sexe » commence par une analyse biologique de la femme, puis le «point de vue psychanalytique» et le «point de vue matérialisme». Dans cette première partie «Destin», Simone de Beauvoir analyse tout ce qui peut conduire la femme à être considérée comme inférieure à l'homme. Elle enchaine ensuite avec «Histoire», décrivant l'évolution de la femme de la préhistoire au XX° siècle ; puis avec «Mythes», recoupant tous les mythes existant et décrivant si bien la position de la femme dans les esprits à chaque époque. Dans le deuxième livre, l'écrivain s'intéresse davantage à la femme «moderne». Elle commence dans la partie «Formation» par déterminer en quoi l'éducation et l'entourage social d'une femme peut la conduire à entrer dans un moule préconçu, et comment le manque d'informations sur sa sexualité, son corps, peuvent être handicapants dans ses relations avec les gens. Dans la partie «Situation», elle parle de la condition de la femme mariée, de la mère, de leur place dans la société, en passant par les prostituées et hétaïres, et par tous les stades de la vie d'une femme, «de la maturité à la vieillesse». Après avoir parlé des différents caractères de la femme, (La narcissiste / l'amoureuse / la mystique), la quatrième partie s'intitule «Vers la libération», et invite les femmes à prendre confiance et à faire valoir leurs droits. 


  • «On ne naît pas femme, on le devient»


C'est par cette célèbre phrase que Simone de Beauvoir commence son oeuvre. Dans la première partie,

«Destin», elle invoque combien dès leur plus tendre enfance les filles et les garçons sont séparés, 

physiquement et socialement : « l'influence de l'éducation et de l'entourage est ici immense ». Ainsi, on voit

que tandis que pour les hommes on résèrve vêtements pratiques, pantalons et chemises, les femmes sont

cantonnées aux longues et lourdes robes. Aux hommes la meilleure éducation, aux femmes l'apprentissage

des tâches ménagères. La fille dès son enfance est un objet : « on lui apprend que pour plaire, il faut

chercher à plaire, il faut se faire objet ; elle doit donc renoncer à son autonomie. On la traite comme une

poupée vivante et on lui refuse la liberté ; ainsi se noue un cercle vicieux ; car moins elle exercera sa liberté

pour comprendre,  saisir et découvrir le monde qui l'entoure, moins elle trouvera en lui de ressources, moins

elle osera s'affirmer comme sujet ; si on l'y encourageait, elle pourrait manifester la même exubérance vivante,

la même curiosité, le même esprit d'initiative, la même hardiesse qu'un garçon. » L'influence de la société est

prépondétante : « On lui donne donc pour amies d'autres petites filles, on la confie à des professeurs féminins,

elle vit parmis les matrones comme au temps du gynécée, on lui choisit des livres et des jeux qui l'initient à sa

destinée, on lui déverse dans les oreilles les trésors de la sagesse féminine, on lui propose des vertus féminines,

on lui enseigne la couture, la cuisine, le ménage en même temps que la toilette, le charme, la pudeur ; on

l'habille avec des vêtements incommodes et précieux dont il lui faut être soigneuse, on la coiffe de façon

compliquée, on lui impose des règles de maintien (...) Bref, on l'engage à devenir, comme ses aînées, une

servante et une idole ». La femme est formatée par des codes sociaux et n'a pas moyen de s'en sortir, ne

connaissant pas d'autre alternative.


  • Mai 68 : une rupture décisive.


  Mai 68 fut cette révolte, orchestrée par des étudiants en colère désireux de bousculer les normes sociales d'alors. Ce mouvement pris place notamment parmis les étudiants parisiens, plus cultivés, que chez les ouvriers. Dès le 13 Mai 1968, les manifestations étudiantes atteignirent une importance non négligeable. Les révoltes de Mai 68 ont incontestablement apportées un renouveau, des convictions, et surtout ont permis de faire connaître et développer le mouvement féministe naissant et évoluant.

Les combats de mai 68 sont avant tout des combats de la jeunesse bourgeoise et notamment des jeunes femmes issues de la bourgeoisie. Ces manifestations virulentes ont permis à une jeunesse de se faire entendre et de changer certaines choses. L'émancipation des femmes bourgeoises s'est considérablement accélérée dans ces années là.

Ne parle-ton d'ailleurs pas de la libérations sexuelle des "sixties" avec sa génération de dhippies et de chanteurs Yéyé qui ont imposé leur style (Sylvie Vartan, Françoise Hardy...)

Durant les émeutes de mai 68, un bon nombre de militantes féministes ont fait entendre leur voix : Jacqueline Hogasen et Anne Zelenski, les fondatrices de " Féminin Masculin Avenir" recouvrent les murs de la Sorbonne de messages : "Etudiante (...)ne suis pas seulement les autres, définis tes propres revendications."  

 

 

Les vingt ans qui on suivi la Seconde Guerre Mondiale ont été une période riche pour la jeune bourgeoisie. Les jeunes femmes ont eu de nombreuses occasions de se faire entendre et ont été entendues. Enfin cette période a aussi été la période de toutes les utopies où tout est permis. Simone de Beauvoir a par ailleurs fait l'anthologie de ces évolutions de la femme à travers son essai le Deuxième Sexe et a parfaitement illustré les faits qui faisaiebt la femme avant sa "libération."

  


Simone de Beauvoir

Outil gratuit et accessible à tous

Créer un site Internet

Une "Marianne"moderne brandissant le drapeau Français pendant les manifestations de mai 68.