La condition de la femme bourgeoise au cours du XXe siècle : Contraintes et libertés.

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La femme bourgeoise moderne

  • Les femmes commencent à faire connaître leurs revendications


   Le 5 Avril 1971, soit trois ans après la révolte, paru dans le Nouvel Observateur (n°334) une pétition, le Manifeste des 343. Elle fut signée par 343 femmes ayant subies un avortement, à une époque où avorter était encore un délit. A l'origine de ce manifeste, Simone de Beauvoir, encore. Elle écrit :


« Un million de femmes se font avorter chaque année en France.
Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.
On fait le silence sur ces millions de femmes.
Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté.
De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. »

   On retrouvera parmis les signataires un grand nombre de personnalités ; écrivains, actrices, journalistes, chanteuses... Telles que Marguerite Duras, Brigitte Fontaine, Françoise Sagan, Jeanne Moreau, Anne Wiazemsky, Ursula Kübler, Katia Kaupp (journaliste au Nouvel Observateur, elle avait déjà dénoncé la contraception, le viol et l'avortement)...

  • De nouvelles lois

   En 1972 est appliquée la loi Neuwirth, cinq ans après avoir été votée par l'assemblée. Cette loi, dont fut à l'origine Lucien Neuwirth, député, autorise la fabrication et l'importation de contraceptifs (seulement orale néanmoins), en vente dans les pharmacies sur ordonnance médicale pour la pilule et le stérilet,  et non remboursée par la sécurité sociale. A l'origine de cette loi, on retrouve notamment François Miterrand, qui s'était exprimé en sa faveur lors de la campagne présidentielle de 1965. Il y eu débat envers la liberté de la prescription, entre ceux désirant que cette liberté soit absolue, ou la limitation de cette liberté dans le cadre de la contraception. C'est un premier avancement, cependant la publicité et la "propagande antinataliste" restent interdites, la loi de 1920 n'ayant pas été abrogée.
En 1974, la contraception sera enfin remboursée par la sécurité sociale.














   Le 17 Janvier 1975 est instaurée la loi Veil, visant à dépénaliser l'IMG (Interruption Médicale de Grossesse) sous certaines conditions : la volonté de la mère, une maladie "grave et incurable dans l'étendue des connaissances actuelles de la science", l'autorisation d'experts et un manque d'autres alternatives possibles. Cette loi fut instaurée par Simone Veil, alors ministre de la Santé publique. Ces lois ne n'autorisent pas encore la complète libération de la femme, mais elles sont un premier combat gagné pour les féministes. En 1973, le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), le Mouvement de libération des femmes (MLF), et le Groupe intervention santé (GIS) sont créés. Pendant ce temps, l'église prend clairement position en défaveur de l'avortement avec la publication de l'encyclique Humanae Vitae le 29 Juillet 1968. Cela n'empêche pas les moeurs de commencer à changer. 
Selon C. Bard dans son ouvrage « Les femmes dans la société française au 20° siècle », en 1973, "2% à 13% des femmes de 20 à 44 ans prennent la pilule. Cinq ans plus tard, en 1978, elles sont 28% à l'utiliser, 9% ont un stérilet, mais elles sont encore 18% à pratiquer le retrait, 5% utilisent le préservatif, 6% observent l'abstinence périodique ; et 33% n'ont pas de méthode contraceptive. 

  • La dépénalisation de l'avortement


   Malgré des estimations approximatives variant de 1 à 2,5 millions, le nombre des avortements clandestins traduit la volonté des femmes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir d'enfant, prêtes à tous les risques. Les privilégiées peuvent aller en Hollande ou en Grande Bretagne se faire avorter, mais la majorité tente de le faire seule ou avec une aide. Le risque est grand en effet : des dizaines de milliers en meurent, beaucoup se blessent et deviennent stériles, et les traumatismes psychologiques sont fréquents. Le risque est également judiciaire puisque le code pénal prévoit des peines de prison allant jusqu'à deux ans pour l'avortée, jusqu'à dix ans pour la personne effectuant habituellement des avortements, ainsi que de lourdes amendes. Cependant les comdamnations sont de moins en moins nombreuses : 5 251 en 1946, 1 336 en 1955, 588 en 1965. 

  • Le nouvelle condition de la femme, sa représentation dans le film "LOL"

 

   Dans le film de Liza Azuelos, sorti au début de l'année 2009, nous pouvons suivre une année dans la peau de Lola et de ses amis, adolescent(e)s du XXI° siècle, et dans la peau de sa mère, interprétée par Sophie Marceau. Nous voyons ainsi la vie presque quotidienne d'une femme moderne, au moins selon aspects. La mère ici est architecte, de condition aisée. Comme on le voit dans l'une des scènes du film, elle possède une liberté, peut travailler chez elle le soir sur son ordinateur, est indépendante. Elle est divorcée, ce qui devient un des schéma familial le plus courant aujourd'hui, elle sort, voit des amis... La mère et la fille ici entretiennent une relation assez proche, sans vraiment de tabous. Cependant, la mère finit par tomber sur le journal intime de sa fille, et s'inquiète de ce qu'elle peut devenir, trouvant qu'elle dépasse certaines limites. Elle dit avoir fait les révoltes de Mai 68 mais n'être plus sûre de ses idéaux lorsqu'elle voit sa fille commencer à faire sa vie, devenir femme. Nous voyons cependant qu'il y a eu un changement énorme et évident dans les mentalités, comparé à la femme du temps de Proust.